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Edition du 26 05 2010 L'indépendant NARBONNE Balou, sa vie, son oeuvre Balou est un ours slovène importé à Arbas, en Ariège, le 2 juin 2006. Alors âgé de 3 ans, le plantigrade a été accueilli en grande pompe par ses célèbres parrains, les comédiens Gérard Depardieu et Fanny Ardant. Mais cet ours se révèle rapidement curieux et voyageur. En 2007, il est repéré du côté d'Aulus-les-bains, en Ariège. En 2008, on aperçoit ses traces près de la ville de Foix. Cette même année, il se balade à quelques kilomètres de Toulouse. Puis il tente une première incursion aux pieds des Corbières, non loin de Mouthoumet. Car, même s'il reste discret, Balou semble apprécier la plaine. Il flirte avec l'activité humaine, mais c'est parfois à ses dépens. En septembre 2008, un chasseur le blesse d'une balle dans la patte, à Prades, en Ariège. Il s'en remettra sans l'aide de l'homme. Après l'accident, Balou semble enfin se stabiliser aux alentours des gorges de la Frau. Il y restera jusqu'à ces derniers mois. Et malgré son escapade à Saint-Laurent, les experts en sont convaincus, Balou va regagner son territoire Repères Balise Repères Balise Les déplacements de Balou sont suivis de près par l'ONCFS, grâce à deux balises placées sur l'ours au moment de son lâcher. La première, située dans son collier, est endommagée : les spécialistes misent donc tout sur la seconde, implantée au niveau de l'abdomen. Télémétrie Pour détecter l'émission de la balise, les agents de l'ONCFS procèdent à un repérage par télémétrie, réalisé à l'aide d'un détecteur muni d'une antenne. Hier, ils ont ainsi balayé le périmètre des Corbières à la recherche du plantigrade. Et si ça marche plus ? Dans l'hypothèse où les deux balises auraient cessé de fonctionner, les spécialistes sont obligés de s'en remettre aux indices de terrain et aux signalements effectués par d'éventuels témoins, comme ce fut le cas à Saint-Laurent. L'identification passe alors soit par la comparaison d'empreintes, soit par l'analyse génétique... si des poils ou des déjections sont retrouvés Repères Quel suivi ? Repères Quel suivi ? Balou est suivi "en permanence", selon le service départemental de l'ONCFS. Pour être plus précis, l'animal est localisé une à deux fois par semaine : cette fréquence permet d'établir ses déplacements avec précision. Pourquoi ce suivi ? Tout d'abord, parce qu'il est exigé par l'Etat. "Nous devons éditer tous les jours un bulletin de situation indiquant la position de l'animal", précise le service départemental. Le document est transmis au préfet de région et aux sous-préfets, mais aussi aux associations de chasse, aux bergers, et à toutes les personnes susceptibles d'être intéressées par les pérégrinations de Balou. "Les apiculteurs ont également besoin de ces informations, pour savoir où poser leurs ruches", explique-t-on aussi. Alimentation Balou trouve dans la nature tout ce dont il a besoin pour se nourrir : il n'est donc pas "descendu" de sa montagne pour se rapprocher des habitations ********** Publié le 26/05/2010 17:42 - Modifié le 26/05/2010 à 17:44 | LaDepeche.fr Balou, ours des Pyrénées, cherche une femelle... à la plage Sans doute enhardi par la recherche d'une femelle, Balou, ours des Pyrénées, est descendu de sa montagne pour s'aventurer comme rarement aussi bas, dans les Corbières à une trentaine de kilomètres de Narbonne et de ses plages. Cheminant de l'Ariège en direction de la mer, Balou, 7 ans, s'est laissé conduire par son instinct reproducteur dans les environs de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse (Aude), avant de faire demi-tour, probablement sans avoir satisfait ses désirs. A Saint-Laurent, où l'on parle beaucoup de lui après avoir cru à une blague, il a laissé des empreintes de pattes dans la nuit de samedi à dimanche sur un chemin poussiéreux parcourant les magnifiques paysages de vignobles, de pinèdes et de garrigue. "Il n'y a pas de doute: il s'agit bien d'un ours, et vraisemblablement de Balou, le seul susceptible de se promener jusque dans ce secteur", a indiqué mercredi Christophe Tavin, chargé de mission ours à l'administration régionale de l'environnement et de l'aménagement. Les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et de son "équipe technique ours" ont été mobilisés pour essayer de localiser l'habituellement discret Balou, en voitures et en avion, mais en vain. D'autres traces, plus récentes et repérées plus au sud, font penser que Balou a rebroussé chemin pour remonter dans son massif, dit M. Tavin. S'il est "exceptionnel" que l'ours s'éloigne autant de chez lui, il a déjà pris le large en 2006 et en 2007 en Ariège, "en 2008 déjà il s'était rapproché des Corbières sans y pénétrer trop et, là, il est allé un peu plus loin", dit M. Tavin. "Ce n'est pas anormal, c'est sa façon de faire à lui. Les autres sont moins vagabonds, mais il faut comprendre que c'est la période du rut et qu'il cherche désespérément une femelle", au printemps à la sortie de sa tanière, dit-il. Il y aurait 20 à 22 ours dans les Pyrénées, à coup sûr 16, dit-il. Balou, un ours slovène importé en 2006 au titre de la réintroduction de l'animal, déchaîne comme ses congénères les passions, entre défense de l'environnement et défense des troupeaux. M. Tavin s'emploie à ce que les pérégrinations de Balou ne ravivent pas les querelles et ne fassent pas craindre aux baigneurs de Narbonne-Plage de se retrouver face-à-face avec un plantigrade velu de 120 kilos. "Il n'y a pas de danger car l'ours est naturellement craintif de l'homme, et celui-là encore plus. Il n'a quasiment jamais été observé directement, sauf un épisode de chasse malheureux où on lui avait tiré dessus", dit-il. En théorie, sans la présence humaine ou la densité urbaine, l'excursion d'un ours au bord de la mer n'est pas impossible, disent les spécialistes. Après tout, l'ours n'est pas une espèce montagnarde, et il peut trouver à se nourrir là comme ailleurs. "Peut-être (Balou) voulait-il prendre un bain", plaisante Marie-Noëlle Gleizes, adjointe au maire de Saint-Laurent. "Nous sommes un village de 800 habitants, alors c'est sûr que ça met de l'ambiance sur le banc des sénateurs", là où les anciens se réunissent pour tailler la bavette, dit-elle. Balou, lui, ne devait pas avoir le coeur à plaisanter. Il est reparti de l'Audre frustré parce que les femelles se trouvent "de l'autre côté", en Ariège, dit M. Tavin. Ses services n'ont pour l'instant aucune indication de naissance cette année chez les ours des Pyrénées.
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